12/11/2012

Christian devra-t-il annuler ses vacances en Vendée faute d'infirmière ?

 sos rouge.jpgC'est un SOS que nous a lancé Monique R. Pour les fêtes de fin d'année, elle a décidé de réunir toute sa famille pour une semaine de vacances sur l'île de Noirmoutier. Elle pensait avoir fait le plus dur en trouvant une grande location accessible pouvant accueillir tout le monde. Mais c'était sans compter sur le manque d'infirmières...

Son fils Christian est tétraplégique depuis un accident survenu il y a 11 ans. Prévoyante, Monique a tout prévu depuis des mois : la location est trouvée, toute la famille a posé ses congés, et les soins de Christian sont quasi prêts : l'aide soignante est trouvée, le kiné est trouvé, mais... impossible de trouver une infirmère.

Pourtant, Monique en a contacté des infirmières : plus de 15 cabinets libéraux, hôpitaux locaux, SSIAD. Mais aucune réponse positive...

Les raisons de ces refus : "on est débordé", "Noirmoutiers c'est trop loin", "Le matin, je donne la priorité aux prises de sang", "Ca me ferait me lever une demi heure plus tôt que d'habitude", Ce n'est pas mon secteur" ou encore "C'est plutôt à un homme de pratiquer les actes prescrits"

Monique R. a écrit à la Directrice Générale de l'Agence Régionale de Santé (ARS), et l'APF a alerté la Délégation Territoriale de l'ARS en Vendée, mais cela n'y change rien. Les infirmières sont libres de refuser des soins.

Sans infirmière qui accepte d'assurer les soins prescrits, Christian R. devra annuler ses vacances en Vendée, et devra passer Noël seul, loin de sa famille.

Vous êtes infirmière, vous passez vos vacances à Noirmoutiers, et vous pourriez éventuellement assurer les soins de Christian R. ? Contactez-nous au 02 51 37 03 47 ou dd.85@apf.asso.fr

17:31 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |

Commentaires

Cette histoire pose quand même une sacrée question... celle de l'accès aux soins sur un département qui se veut touristique. La Vendée serait-elle prête à accueillir les touristes à la condition qu'ils ne nécessitent pas de soins ???
Et que fait l'ARS pour garantir un égal accès aux soins aux personnes ?

Écrit par : Stéphanie | 12/11/2012

Bonjour,
Votre blog ne doit pas devenir un défouloir contre les infirmieres libérales!!Je suis ide en libéral à Noirmoutier depuis 14 ans,je refuse rarement des patients mais il est vrai que je me limite à 75 patients par jour,je ne fais pas que des piqures et des prises de sang,comme semble le prétendre"je suis fan",mais il y a 6 infirmiers exerçants à Barbatre,donc je considère que l'offre est suffisante!Venant de Noirmoutier,barbatre c'est 24kms aller-retour,je me lève à 5h30 tous les matins pour aller travailler dimanche et jours fériés compris.Je gagne correctement ma vie plus qu'à l'hopital effectivement mais en effectuant en moyenne 70 heures par semaine.Je ne me plains pas mais j'aimerai un peu plus de respect de la part de certaines personnes!Et il serait bien de ne pas réserver sa maison de location avant d'etre sur de trouver une infirmère,quant aux réflexions soit disante faites par mes collègues,je doute qu'on vous ai répondu que nous ne voulions pas nous lever une demi- heure plus tot ou que les soins devaient etre réaliser par un homme!!Je soigne tout le monde,hommes,femmes,enfants,vieux,jeunes,noirs......SANS DISTINCTION d'aucune sorte.Je suis désolée de cette situation,mais si nous voulons que les soins à domicile perdurent et s'améliorent,il faut aussi respecter les professionnels qui s'y impliquent tous les jours de l'année souvent au détriement de leur vie personnelle.....

Écrit par : Cécile ANDRE | 15/11/2012

Bonjour Madame André,

Tout d'abord, je vous remercie pour votre contribution autour de la situation exposée.
Je tiens à vous rassurer : cet outil de communication qu'est notre blog, n'a pas vocation à créer un "défouloir contre les infirmières". Il vise à permettre l'expression de chacun, et à communiquer sur la réalité qui concerne les personnes en situation de handicap. Comme vous avez certainement pu le constater, les thématiques abordées sont nombreuses.

Notre association s'intéresse entre autre aux questions de l'accès aux soins qui concerne l'ensemble de la population, au delà des personnes en situation de handicap.
Dans ce cadre, nous avons été sollicités par Me Rousseau, la personne qui a prévu des vacances en famille sur l'Ile de Noirmoutier à Noël, et qui ne parvient pas à trouver d'infirmière pour assurer les soins nécessaires à son fils, malgré de nombreuses démarches.
Face à cette situation préoccupante, nous avons pris contact avec la délégation territoriale de l'ARS qui n'a malheureusement pas de solution à cette situation.
La famille a contacté la Directrice Générale de l'ARS des Pays de la Loire qui n'a pas non plus de solution à apporter. Le syndicat nationale des infirmiers libéraux a également été contacté, et la famille vient d'adresser un courrier à la Ministre de la santé.

Au delà de cette situation particulière, c'est bien la question de l'accès aux soins qui est interrogée.
Vous estimez que l'offre de soins est suffisante au regard du nombre de professionnels en activité sur le secteur. La situation semble pourtant illustrer le contraire, puisqu'aucune infirmière ne peut prendre ce patient en charge.
La famille a contacté près d'une vingtaine de professionnels, et nous n'avons aucune raison de mettre en doute les informations qu'elle nous transmet quant aux arguments qui lui ont été donnés par ses interlocuteurs. Nous n'avons fait que les retranscrire, pour informer sur SA réalité. Il ne s'agit aucunement de manquer de respect envers ces professionnels.

Vous estimez qu'"il serait bien de ne pas réserver sa maison de location avant d'être sur de trouver une infirmière". Certes, mais organiser des vacances pour une personnes en situation de handicap est plus complexe que pour une personne valide. En général, la plus grosse difficulté est de trouver un hébergement parfaitement adapté. Et la famille a mené toutes les recherches de front : le logement, l'aide-soignante, le kiné et l'infirmière. A ce jour, toutes les contraintes ont trouvé leur solution, sauf la partie soins infirmiers. Et il est injuste à mon sens de reprocher à cette famille la situation, d'autant plus qu'elle a débuté ses recherches en début d'année... Vous avez d'ailleurs certainement du être contactée je pense.

Je comprends également votre charge de travail, telle que vous l'exposez, et votre obligation à refuser de nouvelles demandes. Elle illustre, elle aussi je pense, qu'il y a un manque de professionnels sur le secteur, et interroge l'organisation territoriale de l'offre de santé.

En espérant que les éventuels malentendus seront levés, je reste à votre entière disposition pour en échanger de vive voix.

Cordialement
Stéphanie Ottou, Directrice

Écrit par : stéphanie Ottou | 15/11/2012

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