09/04/2013

Scolarisation : les orientations se font en fonction des moyens de l'éducation nationale, au détriment des droits et des besoins des enfants

« Nos enfants méritent leur place au collège » - Les Herbiers

Ouest France, vendredi 05 avril 2013


Cécile Arnoux et Valérie Gaborit souhaiteraient entrer en contact avec d'autres parents rencontrant les mêmes difficultés qu'elles. Leurs coordonnées : Cécile Arnoux, tél. 02 51 57 47 41. Valérie Gaborit, tél. 02 51 61 63 24.

Léo et Guillaume vont avoir 13 ans cette année, mais devront rester à l'école primaire, dans leur Classe d'intégration scolaire. Leurs mamans témoignent.

« Les orientations ne se font pas en fonction des capacités de l'enfant, mais en fonction des capacités d'accueil. » C'est l'amer constat auquel sont réduites Cécile Arnoux et Valérie Gaborit. L'une et l'autre sont mamans de garçons scolarisés en Classe d'intégration scolaire (Clis), à l'école primaire Saint-Joseph.

Léo et Guillaume vont tous les deux avoir 13 ans à la fin de l'année, un âge où l'on entre dans l'adolescence, un âge où l'on aspire à quitter le monde des petits, un âge où il est tout simplement normal d'être au collège. « Mais, on nous dit qu'il n'y a pas de place pour eux alors qu'ils ont le niveau. »

Pas de place en Sepga (1), pas de place en Ulis (2). C'est l'incompréhension. Le mur qui se dresse devant ces familles est une nouvelle épreuve dans leurs parcours, déjà semé d'inquiétude et d'interrogations.

« Léo a été orienté en Clis, il y a trois ans. Il a des problèmes de lecture et a besoin de plus de temps pour apprendre. La psychologue scolaire nous parlait de souffrance, de blocage psychologique et de retard mental. Des mots durs à entendre en tant que parent, mais qu'il faut écouter », confie Cécile Arnoux. Pour elle et son époux, choisir la Clis n'a pas été facile : « Cela veut dire sortir son enfant du circuit scolaire habituel. Il faut qu'il soit dans un bien-être. Le regard des autres est parfois cruel. » Mais les progrès de Léo leur ont montré que cette solution était la bonne.

« Guillaume comprenait qu'il était différent, relève Valérie Gaborit. Au fil des échecs, il perdait confiance. Il a dû changer d'école, être séparé de ses copains pendant la classe. Cela demande un gros travail d'adaptation. Mais la prise en charge en Clis lui a permis de reprendre pied. »

Toutes deux sont unanimes, la Clis, ça marche. Des classes ont été ouvertes aux Herbiers, à Chantonnay, Pouzauges, La Châtaigneraie, aux Essarts et à Saint-Fulgent, au plus grand bénéfice des enfants.

Ensuite, c'est le goulot d'étranglement. Les créations de places en IME (3) et au collège (Ulis et Segpa) n'ont pas suivi. « À Saint-Joseph, neuf élèves sont en âge de quitter le primaire. A priori, seuls deux d'entre eux, les plus âgés, pourront aller au collège en filière adaptée », indique Cécile Arnoux.

« Nos enfants bloquent aussi des places pour des plus jeunes qui ont besoin d'entrer en Clis, remarque Valérie Gaborit. Pourtant, tout cela est prévisible. Nos enfants sont comme les autres, ils prennent un an chaque année ! Ils ont envie d'apprendre et d'évoluer avec des jeunes de leur âge. Au lieu de cela, on les contraints à redoubler. Ils ont conscience qu'il n'y a pas de place pour eux. On se sent désarmés. En tant que parent, que peut-on faire pour les aider ? »

(1) Segpa : Section d'enseignement général et professionnel adapté.

(2) Ulis : Unité localisée pour l'inclusion scolaire.

(3) IME : Instituts médico-éducatifs.

Source : Ouest France

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