"Il est impossible de discuter avec l'APF"

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L'APF n'a pas pour habitude de céder aux pressions : Jean-Marie Barbier en est un exemple remarquable !

Trouvé sur la page facebook de Jean-Marie Barbier :

"Ce n'est pas moi qui ai mis ce sujet sur la table mais c'est ma bonne foi qui est mise en cause et donc l'APF. C'est mon droit et mon devoir de répondre"

"Rencontre avec Madame Cécile Duflot, Ministre de l'égalité des territoires et du Logement le 4 Mars 2013.

Suite à la polémique née sur twitter et facebook, vous trouverez ci-après le compte-rendu qui a été fait juste après cette rencontre. (en référence à ça)

Chacun pourra ainsi se faire une idée plus juste pour savoir si cette polémique a lieu d'être ou non :

Très proactive dans l’échange, Madame la Ministre souhaitait nous parler des normes de construction dans le neuf, et l’entretien d’une heure n’a principalement porté que sur ce point.

Elle fixa directement le cadre en estimant qu’elle craignait fortement que la question des normes soit un jour ou l’autre brutalement tranchée par Matignon ou l’Elysée, au vu du lobbying des acteurs de la construction se plaignant des normes, notamment pour les petits logements.

La ministre s’exprima très explicitement sur le fait qu’elle n’était pas « candidate à la mort » car il lui semble impossible « d’être la ministre tentant de mettre autour de la table deux camps irréconciliables » ; puisque selon elle, l’APF est très forte pour communiquer sur des postures qualifiées « d’anti-handicapées » qui font mouche pour les médias et le grand public.
« La note de mon cabinet m’indique très clairement que je dois vous donner raison, […] mais mon vécu politique m’invite à vous suggérer de vous rapprocher des acteurs de la construction afin de trouver un terrain d’entente. Sinon, c’est l’Elysée ou Matignon qui pourrait trancher le différend de manière brutale au vu lobbying mené intensément de l’autre côté.
Mais c’est à vous de prendre l’initiative de la démarche, car je nierai fermement si vous communiquez publiquement sur le fait que je vous ai suggéré cette démarche ».

La ministre fit état de constats difficiles dans le secteur :
- mécontentement prégnant des propriétaires sur la grandeur de la salle de bains au détriment du salon dans les petits logements.
- Coût des siphons de sol et des terrasses

J’ai répondu que certes, il convenait appréhender certaines difficultés d’applications réglementaires, mais que le principe de la visitabilité devait être garanti. (je n’évoque pas les autres argumentaires : abus des industriels sur certains équipements, défaut de savoir-faire de certains professionnels ce qui sur renchérit les coûts, nécessité de maîtriser les coûts de la solidarité nationale en anticipant le vieillissement de la population, nécessité de faire concourir des architectes pour valoriser les démarches exemplaires, etc.).
Certains de ses discours flirtaient avec la philosophie du quota, en amalgamant notamment logement régulier et logement temporaire (étudiant et touristique).

Puis, la ministre me fit le retour d’acteurs estimant qu’il est impossible de discuter avec l’APF.
J’ai répondu que c’était des postures d’acteurs, avec soit de la malhonnêteté, soit de l’injustice ; car jamais nous n’avons refusé de discuter à condition de mettre tous les paramètres sur la table, et y compris les marges des promoteurs.

La ministre suggéra alors que je lui écrive un courrier la sollicitant pour mettre toutes les parties prenantes autour de la table ; suggestion à laquelle je répondis favorablement."

Le coup de ne pas se plier à la menace "je vous dis ça mais si vous le répétez je nierai tout" et de ne pas se laisser intimidé au prétexte qu'on ne peut pas discuter avec l'APF, nous on adore. Bravo Monsieur Barbier.

Commentaires

  • ho la tête de la ministre quand elle va voir que tout est rendu public !

  • je trouve ça super qu'il dise tout et fasse preuve d'autant de liberté de parole. C'est scandaleux de voir à quel point on ne peut pas faire confiance à nos ministres qui sont censés nous représenter. Il a bien fait de publier ça. C'est courageux de tout dire, alors même qu'elle lui a dit qu'elle nierait tout !

  • Mais enfin, de qui se moque-t-on ? A la fois le tout récent rapport Campion dit que seulement 15 % de ce qui devrait être accessible l'est et de l'autre par un soi-disant "choc de simplification de normes" ou "de plan de relance du logement" les promoteurs cherchent une nouvelle fois à effacer une loi qu'ils ne respectent déjà pas. Qu'aura gagné l'état quand il logera au plus mal la population pour répondre aux besoins.. N'a t-on pas pris la leçon de ces barrières de HLM faites pour sortir des bidonvilles ? Les promoteurs ont touché leur pognon, ils ont été les grosses fortunes de l'époque mais aujourd'hui c'est à l'état de gérer. Gouverner c'est prévoir, c'est aussi tirer les leçons du passé, non ?

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