Ah l'accessibilité... Faut pas trop en demander quand même.

tir à l'arc bonhomme noir.jpgNous vous avons déjà parlé des difficultés que les sportifs à mobilité réduite rencontrent pour pratiquer le tir à l'arc handisport à La Roche sur Yon : ici et ici.

Nous avons rencontré Sévrine Rivière, Multiple championne de France qui souhaite voir son sport accessible à tous, pour prendre des nouvelles des conditions d'entrainement des sportifs en situation de handicap moteur.

Alors que la ville a annoncé l'installation d'un ascenseur dans le bâtiment qui accueille la salle couverte, qu'en est-il du terrain extérieur utilisé 6 mois de l'année par le club ?

A noter que le ton a vite été donné. Nous nous sommes retrouvés sur le terrain et nous avons à peine parcouru 5 m avant que le fauteuil de Séverine ne reste bloqué sur le petit chemin d'accès en terre . Comme il restait 200 à 300 m avant d'arriver sur la pas de tir, on est resté sur notre p'tit chemin d'terre !

Séverine, avec les beaux jours et la reprise des entrainements sur le terrain extérieur de l’hippodrome, ou en est la situation sur le projet de mise en accessibilité du terrain ?

Rien n’est encore fait pour la mise en accessibilité du terrain actuel. Nous n’avons aucune information concernant un autre projet d’aménagement de terrain.

En effet, le terrain actuel se situe en plein milieu de l’hippodrome et c’est loin d’être idéal : ça nous rend dépendant des courses car quand il y en a, on ne peut pas s’entrainer.

L’adjoint aux sports M. Rouleau nous avait proposé plusieurs pistes d’autres terrains, et on en avait retenu un qui nous semble idéal. Il se trouve aux Terres Noires entre la route de Dompierre et la salle de tennis de table. Nous avons travaillé pour présenter à la ville projet précis et détaillé mais aujourd’hui nous n’avons toujours pas de réponse alors que ça fait plus d’un an...  

Nous avons rencontré Yves Rouleau. Il m’a été proposé un accès spécifique, mais uniquement pour moi. Cette proposition n’apporte aucune amélioration car je devrais entrer au centre de l’hippodrome avec ma voiture, remonter un petit chemin de terre pour me stationner vers une haie de l’autre côté de la piste de courses.

Cette proposition n’amène aucune autonomie : il faudrait de toutes façons  que l’on vienne me chercher pour me pousser à travers la piste et rejoindre le terrain de Tir à l’arc. En plus, il ne s’agissait que d’une autorisation qui m’était donnée à titre personnel. Il faut une accessibilité pour tous, pas que pour moi. On a donc refusé.

Le 8 février 2013 l’APF a rencontré Pierre Régnault, Maire de La Roche sur Yon. Nous lui avons présenté le film « Liberté, égalité, accessibilité » dans lequel les problèmes de ce terrain sont illustrés. Il s’était alors étonné que ce problème ne soit toujours pas réglé, notamment grâce à une ouverture dans la barrière et la création de stationnements au plus prêt du pas de tir.

Ils nous ont également proposé cette solution, mais à ce jour, rien n’est fait. Le service de la ville devait voir avec l’hippodrome mais nous n’en savons pas plus.

Mais l’avenir n’est pas là ! L’avenir c’est la création d’un autre terrain car ce terrain au centre de l’hippodrome sera toujours impraticable : il n’y a aucune cheminement, aucune allée sur le pas de tir et une personne à mobilité réduite ne peut pas y pratiquer le Tir à l’arc de manière autonome et sereine. Je reste tributaire des autres…

Le jeudi j’interviens avec Agnès pour encadrer un groupe de jeunes et je ne peux pas me déplacer sur le pas de tir. Je ne peux pas aider ma collègue ce qui me met forcément mal à l’aise.

On arrive dans la saison ou le Tir à l’arc se pratique à l’extérieur et tout ce que je veux c’est pouvoir me déplacer librement,  venir sur le terrain et y être autonome. Bref, je veux juste pratiquer le tir à l’arc et encadrer les jeunes, rien de plus !

Le comble, c’est que c’est le seul club de Tir à l’Arc de la Roche sur Yon qui a une section Handisport et ou ne peut pas accueillir les personnes en situation de handicap moteur !

Comment vendre une licence et dire que durant la moitié de la saison, la pratique en extérieur sera impossible ?

Comment peut-on expliquer selon vous que tout ceci prenne tant de temps alors que dans l’absolu ce n’est pas très compliqué à faire ?

A ce jour, la seule explication qui nous est donnée c’est que la mairie ne peut pas financer tous les projets et que comme ils ont investi dans un ascenseur dans la salle couverte, ils ne veulent pas investir dans la mise en accessibilité d’un nouveau terrain.

Quand on voit tout ce qui est fait pour d’autres sports on a l’impression de ne pas être pris en compte. Peut-être parce qu’on n’est pas médiatisé…

Pourquoi accepter de témoigner aujourd’hui Séverine ?

Ca peut faire un peu peur en effet mais si on ne fait rien, il n’y a aucune raison que ça bouge. Si on demande trop, est-ce qu’on ne risque pas de tout perdre, même le droit d’utiliser le terrain au centre de l’hippodrome ? C’est le chat qui se mord la queue…

En fait, le plus embêtant c’est qu’on n’a pas de réponse claire. Soit c’est oui avec une proposition précise et une échéance claire, soit c’est non !

ça épuise et ça lasse tout le monde : on ne sait plus si on doit y croire ou pas.

Quels sont les autres arguments qui peuvent illustrer tout l’intérêt pour la mairie de créer un terrain de tir à l’arc accessible ?

Le terrain est utilisé pour les sports vacances, donc ça serait utile à de très nombreuses personnes. En plus, l’accessibilité ce n’est pas que pour les personnes en situation de handicap, c’est pour tout le monde !

A Aizenay, il y a un terrain accessible et pourtant, il n’y a même pas de section handisport.

Il y a des cheminements, un abri pour se protéger des intempéries et mettre les affaires à l’abri et ça, tout le monde en profite !

ça leur permet d’accueillir le championnat Inter Région de Tir à l’arc Handisport en mai. Comme quoi, il y a bien des municipalités qui se rendent compte que l’accessibilité c’est utile à tous.

Aux terres Noires, même pour des personnes valides, c’est compliqué. Il faut traverser l’hippodrome sur plusieurs centaines de mètres et quand il pleut il n’y a aucun abri :  on patauge sur un sol détrempé et le matériel est sous la pluie.

Commentaires

  • Bravo Séverine pour ce témoignage. C'est courageaux, mais nécessaire. La preuve...

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