22/05/2013

Le Préfet de Vendée apprécie les échanges "sans langue de bois" avec l'APF

Ce mardi 21 mai, les Conseillers Départementaux, accompagnés du référent accessibilité et de la Directrice de la Délégation, ont rencontré Bernard SCHMELTZ Préfet de Vendée. Il était accompagné de Thierry Mazaury Directeur adjoint de la DDTM et de Cécile Arnal de la DDCS.

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A l'occasion des 80 ans de l'Association des Paralysés de France, les Conseillers Départementaux souhaitaient faire part au Représentant de l'Etat de leurs inquiétudes face aux attaques répétées faites à la loi de 2005 sur son volet accessibilité. Ils avaient également la volonté d'exprimer leur satisfaction sur certaines avancées et bonnes pratiques repérées sur le Département de la Vendée.

Après avoir présenté l'association dans sa dimension nationale, Thierry Craipeau, Représentant Départemental, a expliqué l'engagement de l'APF pour co-construire une société inclusive. Il a ensuite rappelé les derniers évènements qui illustrent les attaques faites au principe d'accessibilité : proposition de loi Doligé pour "assouplir les règles d'accessibilité", rapport Doligé sur la simplification des normes, rapport Campion dont la mesure principale est un report déguisé de l'échéance d'accessibilité de 2015 à 2022 !

Le Préfet a rapporté la volonté de la Ministre de ne pas remettre en cause le principe d'accessibilité. Certes le constat en matière de mise en accessibilité n'est pas satisfaisant, mais il importe pour le Préfet de soutenir les bonnes volontés. Cela passe par du pragmatisme et peut-être accepter que les choses se fassent au delà de 2015, l'essentiel étant qu'elles se fassent, dans un contexte économique difficile.

Nous avons regretté qu'une fois encore ce soient les personnes en situation de handicap qui paient les conséquences de cet attentisme. Ne pas rendre accessible comme la loi le prévoit en 2015, c'est rajouter des difficultés au quotidien des personnes qui en subissent déjà beaucoup. Nous déplorons être "des variables d'ajustement" des politiques publiques !

Nous avons rapporté le malaise que génèrent ces arguments financiers auprès des personnes en situation de handicap qui se sentent mise en cause face aux décideurs politiques.

Nous avons rappelé qu'au delà des aspects financiers, la règle est loin d'être respectée, comme par exemple pour les diagnostics accessibilité des ERP qui devaient être faits pour 2010 et qui sont nombreux à être inexistants sous le prétexte de "on verra bien". Nous constatons un manque d'anticipation et parfois de volonté qui conduisent aujourd'hui à une situation tendue où les personnes en situation de handicap et les associations qui les représentent sont pointées du doigt, voire deviennent les cibles de bien des maux...

Nous avons insisté sur l'intérêt que représente l'accessibilité pour l'ensemble de la société : personnes à mobilité réduite certes, mais également personnes âgées, parents de jeunes enfants avec poussettes, blessés temporaires. C'est le confort de tous qui s'en trouve amélioré ! (voir ici)

Nous avons rappelé que les personnes en situation de handicap ne demandent pas l'impossible, juste de pouvoir vivre leur citoyenneté comme tout un chacun. Une loi a été promulguée, le minumum c'est qu'elle soit appliquée.

Tout ceci relève en fait de la simple volonté politique. C'est ainsi que Thierry Craipeau a salué l'initiative du Maire de Saint Hilaire de Riez (voir ici) et l'intervention du Préfet auprès du Président de l'Association des Maires de Vendée pour diffuser cette bonne pratique (voir ici). Il a également indiqué que certaines CCA et CIA fonctionnaient de manière constructive et satisfaisante (La Roche sur Yon, Les Sables d'Olonne, Noirmoutier, St Hilaire de Riez, etc), mais que globalement nous faisons le triste constat qu'elles ne fonctionnent pas.

Nous avons exprimé au Préfet notre déception quant à la position qu'il a prise sur la piscine de Saint Florent des Bois (voir ici). Permettre une telle dérive est pour nous la porte ouverte à tous les abus. Il s'est engagé à revoir ce dossier.

Nous avons ensuite soumis quelques propositions au Préfet pour faire avancer l'accessibilité et la politique du handicap sur le département.

Le Préfet nous a assuré que l'accessibilité reste une priorité, et attend les instructions ministérielles à ce sujet. Il s'engage à faire au mieux en tenant toutefois compte des réalités.

Pour conclure, nous avons informé le Préfet du désarroi et de la colère des parents dont les enfants en situation de handicap ne sont pas scolarisés dignement, faute de moyens mis en oeuvre par l'Education Nationale. Nous avons indiqué le manque de places dans le médico-social (IEM, SESSAD, désert total pour les enfants handicapés moteurs à partir de 12 ans). Nous avons rappelé notre demande mainte fois formulée de mettre en place un groupe de concertation départemental sur ce large thème de la scolarisation avec l'Education Nationale, le Conseil Général, l'ARS, la Préfecture et les associations. Cela se fait sur d'autres département, et s'avère plus que nécessaire aujourd'hui pour améliorer la situation en Vendée qui se dégrade. Le Préfet s'est engagé à se rapprocher des différents acteurs et voir si chacun est prêt à trouver des voies.

000_0002.JPGLe Préfet s'est félicité de cette rencontre et de l'intérêt de nos échanges. Il constate que l'APF sait être dure et offensive, ce qui peut parfois créer des réticences chez certains interlocuteurs, mais reconnaît que le niveau de colère de l'association est un bon indicateur.

Pour en savoir plus sur les sujets abordés lors de cette rencontre, cliquez ici.

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