Transports en commun en Vendée : Un passager pas comme les autres …

Passager-pas-comme-les-autres-1.JPGAubaine, je vais pouvoir transporter mon fauteuil électrique pour les vacances ; la liaison en bus SOVETOURS « Les Sables – La Tranche » est pourvue de cars accessibles aux fauteuils roulants.

Cet après-midi, je décide de me présenter au départ de 14 heures à la gare routière des Sables. J’emprunte le quai de la Chaume, je contourne Port Olonna, et me voilà bientôt au guichet pour prendre mon billet. Seul, le battant de gauche de la double porte est ouvert ; impossible de rentrer en fauteuil ! J’appelle …  je vois d’autres passagers prendre leur  billet…  et moi, je reste à la porte. Enfin, le guichetier m’entend, et par une autre porte, il vient à  moi ; je peux m’acquitter de mon titre de transport.

Le car arrive. Le chauffeur, une femme, cela à son importance pour la suite du récit. Pas de problème pour elle, je peux embarquer. Tout de même, je mesure son embarras. 

Les passagers déposent leurs valises dans la soute,  puis montent dans le bus.  Le chauffeur ferme les portes du bus et décide de reculer. De son avis, le trottoir se trouvant le long du bus sera un obstacle à la montée du fauteuil roulant. Plus en arrière, il n’y a pas de trottoir ; on rouvre les accès du bus.

Prévenu par je ne sais qui, un responsable arrive : 

-    Mais Monsieur, il est impossible de vous emmener, le  système est  prévu pour des fauteuils normaux ; le  poids ne doit pas dépasser 230 kg !Passager-pas-comme-les-autres-5.JPG

Ma réponse ne se fait pas attendre :

-   Le mien fait 120 kg ; il faut essayer.

Le « formateur »  qui vient d’arriver en voiture intervient auprès du chauffeur. Il fait avancer le bus  le long du trottoir contrairement à ce qu'avait fait le chauffeur. Les passagers non montés encore dans le bus se déplacent en suivant la manœuvre.

  Il n’y a pas de raison pour que vous ne voyagiez pas avec votre fauteuil, me dit un passager qui, comme d’autres, me soutiennent.

Maintenant il s’agit d’ouvrir la porte d’accès à l’élévateur de fauteuils. On s’y met à plusieurs car l’affaire s’avère quelque peu compliquée. On tire sur cette porte, on cherche le « truc » qui la débloque, les minutes passent, les passagers regardent !

Dans ma tête, je prononce la formule magique : « Sésame, ouvre-toi … » ; la porte s’ouvre !

Il faut maintenant  brancher la télécommande qui permet de faire fonctionner l’élévateur ; ensuite, trouver le bon bouton qui permet de descendre cet élévateur. On essaie tous les boutons avant que l’élévateur accepte de descendre.

Puis, sous le bus, il y a un plan incliné à sortir. Même problématique ! On tire, on tente de décoincer … Viendra, viendra pas ? Oui, la plaque de tôle cède... Ce jour là, il fait 30°, il est temps de respirer un peu.

Passager-pas-comme-les-autres-6.JPGJe m’aperçois que mon fauteuil est trop long pour la dimension de la plateforme ; il ne rentrera pas ; c’est foutu !

Peut-être que non si je retire les repose-pieds ? Sitôt dit, sitôt fait ! Je peux très bien rester les jambes pendantes. 

Et me voilà à manœuvrer de mon mieux pour garer mon fauteuil sur cette plateforme ; et il rentre ! C’est gagné … Le chauffeur reprend la télécommande ; cette fois-ci, il s’agit de remonter la plateforme avec le fauteuil dessus et moi confortablement installé dans ma « décapotable ». Une fois de plus, on tâtonne tous les boutons ; je grimpe à hauteur des passagers. Mes repose-pieds sont rangés sous la plateforme ; on range le plan incliné ; on ferme la porte ; on passe des sangles pour que le fauteuil ne bouge pas ; et on me passe une ceinture à la taille. Le bus peut rouler.

Comme si je partais pour un grand voyage, à travers la vitre, je vois, non seulement mon épouse venue s’assurer de mon départ, mais aussi le responsable et le formateur  SOVETOURS me faire des grands « au revoir » en balançant leurs bras en l’air…..

Ce jour là, le bus Les Sables – La Tranche aura près de 15 minutes de retard sur son horaire prévu, par la venue d’un passager pas comme les autres.

Durant le trajet, je goûte le plaisir du voyage. Le paysage qui défile  m’emplit de joie, d’autant plus à l’idée que maPassager-pas-comme-les-autres-7.JPG persévérance à été positive.

Le bus arrive à l’arrêt où je dois descendre. Le chauffeur commence les manœuvres de débarquement. Le jeu recommence ! La porte délicate à ouvrir, la télécommande (on ne sait toujours pas sur quel bouton appuyer pour faire descendre la plateforme), le  plan incliné à déployer. Heureusement, un voyageur serviable, ingénieux et plutôt costaud, vient en aide au chauffeur, pour ces difficiles manipulations.

Fin août, je devrai prendre cette ligne en sens inverse pour ramener mon fauteuil à son home d’origine.  Je sais qu’une nouvelle aventure commencera peut-être…

François B.

 

Commentaires

  • Cher François,

    Ô combien je comprends ton vécu et j'apprécie ton flegme !
    Pour l'avoir vécu moi aussi dans d'autres transports en communs, encore récemment...
    Ton style est à l'image de ta zen attitude, et c'est cool !
    Bon voyage de retour alors (tu nous raconteras...)

    Hugues

  • Où l'on voit deux choses sur l'attitude des autorités ayant choisi cette solution : la première une réponse technique désinvolte, courtelinesque, méprisante de la réalité du transport de personnes en situation de handicap. on a fait du n'importe quoi en se disant que ça fera la rue Michel, et que personne n'y verra que du feu dans un premier temps. Puis qu'il sera trop tard pour changer de Bus ou car. ET....deuxièmement en comptant sur la patience, l'amabilité du personnel et des autres usagers. Même si toutes ces personnes sont adorables mesure t'on humiliation subie par notre ami B. ? Et cela en raison d'une décision scandaleusement désinvolte. Mais hélas tout est à l'encan. Mépris ou incompétence ? les deux mon Capitaine ?

  • Le problème ne serait-il pas plutôt de savoir si cette installation est conforme à la réglementation. Si c'est oui (au-delà d'affirmations non contrôlées du bon vendeur) alors il y a un souci avec une réglementation ou trop imprécise ou qui ne tient pas compte d'usages déjà expérimentés (est-on en France les premiers à s'occuper d'aménager les cars à l’accès des personnes handicapées ?)
    Si c'est non, alors l'organisme qui a financé ce système est en droit d’exiger de l'installateur quelque chose de plus pratique et règlementaire. A moins que tout le monde ne se soit tacitement mis d'accord pour faire, comme dit le baron noir :" N'importe quoi et ça fera la rue Michel".

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