• La bénévole du mois : Cendrine

     2013-06_photo_cendrine_proud web.jpgCendrine, comment êtes-vous venue à l’APF ?

    En 2008, enceinte de mon premier enfant et sans emploi, j’avais envie de m’investir dans une cause qui me tenait à cœur. J’ai cherché plusieurs associations sur Internet, et après une première sélection, et aussi parce que ma belle-soeur y travaille, j’ai pris contact avec l’APF…

    Il est vrai aussi que, de par ma formation dans l’hôtellerie et la restauration, je peux être souvent confrontée à l’accueil des publics en situation de handicap. Je suis donc sensibilisée à ces questions. D’ailleurs, là où je travaille aujourd’hui, il est mis à disposition des réceptionnistes un livret d’accueil de ces publics. Mais je me rends compte qu’il y a encore beaucoup à faire.

     Qu’est-ce que vous faites en tant que bénévole à l'APF ?

    Depuis mon arrivée à l’APF, j’ai participé à de nombreuses actions avec la Délégation de Vendée.

    Pour commencer, c’était sur l'opération "paquets cadeaux" avec Bénouch. Sur les plannings, les appels téléphoniques pour mobiliser les équipes, et bien sûr la confection des paquets.

    J’ai découvert les sensibilisations en milieu scolaire et ça m’a bien plu. Je suis prête à en refaire !

    Dernièrement, pour la Fête du sourire, j’étais chargée de contacter les clubs de randonnées pédestres et les bénévoles APF en vue d’installer des points de collecte de téléphones portables usagés au départ des randos…

     Que retirez-vous de votre engagement bénévole au sein de la Délégation ?

    Mon engagement bénévole à l’APF me fait prendre conscience de mon envie de l’élargir à ma vie de tous les jours, tant professionnellement que personnellement. C’est apporter et recevoir… C’est également pour moi la satisfaction de me rendre utile, d’apprendre et de partager des choses.

    Par exemple, connaître les difficultés de scolarisation des enfants en situation de handicap m’ouvre les yeux, alors qu’autrement je n’y aurai peut-être pas porté la même attention.

    Ça me permet enfin d’y voir plus clair dans la construction de projets.

  • Les personnes handicapées motrice ont des sous !

    Paul a programmé des vacances culturelles avec sa petite famille et s'est rendu à Oradour sur Glane pour visiter le "Centre de la Mémoire" Quelle surprise lorsqu'il a découvert la politique tarifaire du centre !

    Les personnes handicapées motrices payent, les personnes non-voyantes ou handicapées mentales ne payent pas. (voir l'ensemble des tarifs ici)

    Conclusion : les personnes handicapées motrices ont des sous, les autres pas !

  • MDPH de Vendée : les parents de Coleen sont très en colère "On a décidé de ne pas se laisser faire"

    Les parents de Coleen ne décolèrent pas. Alors que jusqu'alors la fillette bénéficiait d'une carte d'invalidité, d'une carte de stationnement, de l'Allocation d'Education de l'Enfant Handicapé complément 3, la MDPH de Vendée a décidé de tout lui retirer, alors même que sa situation ne s'est pas améliorée et que personne ne l'a rencontrée !

    Les parents ont également demandé, pour lui permettre une entrée en CP dans de bonnes conditions, l'octroi d'une Auxiliaire de Vie Scolaire individuelle 24 h / semaine et un ordinateur : là aussi : refus.

    Pas de rencontre avec un médecin ou un professionnel de l'équipe pluridisciplinaire de la MDPH, pas de proposition de Plan Personnalisé de Compensation (PPC), pas d'invitation écrite à assister à la CDAPH, à y être accompagnés ou représentés : toutes ces décisions ont été prises dans le mépris de la règlementation et sans que les parents ne puissent jamais exposer leur point de vue, faire entendre la réalité de leur fillette et de leur vie.

    Pour le Conseil Général, questionné par le Journal du Pays Yonnais : "Tout est normal, il n'y a aucun problème"

    Pour le papa de Coleen, il y a au contraire un gros problème : "On n'a jamais vu personne. Il y a juste un médecin qui m'a appelé un jour pour me demander si ma fille coupait sa viande toute seule. J'ai cru que c'était un gag. Coleen est hémiplégique : elle est paralysée d'un côté donc non, évidemment que non elle ne coupe pas sa viande toute seule : comment pourrait-elle le faire ?"

    La maman de Coleen est dépitée : "On fait tout pour avancer, faire progresser notre enfant, la tirer vers le haut et la MDPH fait juste l'inverse : elle la tire vers le bas. Elle refuse par exemple un ordinateur à ma fille qui entre au CP et qui va donc débuter l'apprentissage de la lecture et de l'écriture au motif que c'est "prématuré" ! Mais c'est justement maintenant qu'elle a besoin des outils pour compenser son handicap !"

    Les parents de Coleen sont très inquiets pour la rentrée scolaire de leur fille qui entre au CP en septembre prochain : "Coleen a besoin d'être accompagnée et stimulée, l'ergothérapeuthe l'a clairement détaillé dans son rapport et demande une AVS 24h/semaine. Pourtant la MDPH n'octroie à notre fille une AVS que pour la moitié du temps scolaire. Qu'est-ce qu'elle va faire le reste du temps ? En plus elle sera exclue de certains enseignements faute d'accompagnement, ce n'est pas acceptable"

    Ils unissent leurs voix pour exprimer leur détermination : "On a décidé de ne pas se laisser faire. On a pris un avocat pour contester les décisions de la MDPH devant le tribunal puisque notre demande de recours amiable a été refusée par le Directeur Adjoint de la MDPH au motif qu'il n'y avait pas d'éléments nouveaux. On veut aussi que la MDPH soit condamnée pour la manière dont ces décisions ont été prises. On le fait pour Coleen et pour les autres, car on espère que ça conduira la MDPH de Vendée à changer ses méthodes"

    "Je suis prêt à faire une grève de la faim et à m'enchaîner aux grilles du Conseil Général. J'irai jusqu'au bout" conclut le papa excédé.

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    Journal du Pays Yonnais, 25 juillet 2013

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    Ouest France 27 juillet 2013

  • Accessibilité : les pharmaciens veulent-ils des dérogations ?

    Pharmacies.jpgSuite à l'article que nous avions publié ici, la radio Vivre FM a mené sa petite enquête : 

    La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) a lancé une enquête auprès de ses adhérents pour attirer l’attention des Pouvoirs publics. Son objectif : faire l’état des lieux des officines en France pour la mise aux normes de ces établissements recevant du public (ERP).... Pour lire la suite de l'article, cliquez ici

    Source : Vivre FM radio - http://www.vivrefm.com

    N'écoutez pas les lobbying ! Signez et faites signer la pétition en ligne sur http://www.necoutezpasleslobbies.org

  • Transports en commun en Vendée : Un passager pas comme les autres …

    Passager-pas-comme-les-autres-1.JPGAubaine, je vais pouvoir transporter mon fauteuil électrique pour les vacances ; la liaison en bus SOVETOURS « Les Sables – La Tranche » est pourvue de cars accessibles aux fauteuils roulants.

    Cet après-midi, je décide de me présenter au départ de 14 heures à la gare routière des Sables. J’emprunte le quai de la Chaume, je contourne Port Olonna, et me voilà bientôt au guichet pour prendre mon billet. Seul, le battant de gauche de la double porte est ouvert ; impossible de rentrer en fauteuil ! J’appelle …  je vois d’autres passagers prendre leur  billet…  et moi, je reste à la porte. Enfin, le guichetier m’entend, et par une autre porte, il vient à  moi ; je peux m’acquitter de mon titre de transport.

    Le car arrive. Le chauffeur, une femme, cela à son importance pour la suite du récit. Pas de problème pour elle, je peux embarquer. Tout de même, je mesure son embarras. 

    Les passagers déposent leurs valises dans la soute,  puis montent dans le bus.  Le chauffeur ferme les portes du bus et décide de reculer. De son avis, le trottoir se trouvant le long du bus sera un obstacle à la montée du fauteuil roulant. Plus en arrière, il n’y a pas de trottoir ; on rouvre les accès du bus.

    Prévenu par je ne sais qui, un responsable arrive : 

    -    Mais Monsieur, il est impossible de vous emmener, le  système est  prévu pour des fauteuils normaux ; le  poids ne doit pas dépasser 230 kg !Passager-pas-comme-les-autres-5.JPG

    Ma réponse ne se fait pas attendre :

    -   Le mien fait 120 kg ; il faut essayer.

    Le « formateur »  qui vient d’arriver en voiture intervient auprès du chauffeur. Il fait avancer le bus  le long du trottoir contrairement à ce qu'avait fait le chauffeur. Les passagers non montés encore dans le bus se déplacent en suivant la manœuvre.

      Il n’y a pas de raison pour que vous ne voyagiez pas avec votre fauteuil, me dit un passager qui, comme d’autres, me soutiennent.

    Maintenant il s’agit d’ouvrir la porte d’accès à l’élévateur de fauteuils. On s’y met à plusieurs car l’affaire s’avère quelque peu compliquée. On tire sur cette porte, on cherche le « truc » qui la débloque, les minutes passent, les passagers regardent !

    Dans ma tête, je prononce la formule magique : « Sésame, ouvre-toi … » ; la porte s’ouvre !

    Il faut maintenant  brancher la télécommande qui permet de faire fonctionner l’élévateur ; ensuite, trouver le bon bouton qui permet de descendre cet élévateur. On essaie tous les boutons avant que l’élévateur accepte de descendre.

    Puis, sous le bus, il y a un plan incliné à sortir. Même problématique ! On tire, on tente de décoincer … Viendra, viendra pas ? Oui, la plaque de tôle cède... Ce jour là, il fait 30°, il est temps de respirer un peu.

    Passager-pas-comme-les-autres-6.JPGJe m’aperçois que mon fauteuil est trop long pour la dimension de la plateforme ; il ne rentrera pas ; c’est foutu !

    Peut-être que non si je retire les repose-pieds ? Sitôt dit, sitôt fait ! Je peux très bien rester les jambes pendantes. 

    Et me voilà à manœuvrer de mon mieux pour garer mon fauteuil sur cette plateforme ; et il rentre ! C’est gagné … Le chauffeur reprend la télécommande ; cette fois-ci, il s’agit de remonter la plateforme avec le fauteuil dessus et moi confortablement installé dans ma « décapotable ». Une fois de plus, on tâtonne tous les boutons ; je grimpe à hauteur des passagers. Mes repose-pieds sont rangés sous la plateforme ; on range le plan incliné ; on ferme la porte ; on passe des sangles pour que le fauteuil ne bouge pas ; et on me passe une ceinture à la taille. Le bus peut rouler.

    Comme si je partais pour un grand voyage, à travers la vitre, je vois, non seulement mon épouse venue s’assurer de mon départ, mais aussi le responsable et le formateur  SOVETOURS me faire des grands « au revoir » en balançant leurs bras en l’air…..

    Ce jour là, le bus Les Sables – La Tranche aura près de 15 minutes de retard sur son horaire prévu, par la venue d’un passager pas comme les autres.

    Durant le trajet, je goûte le plaisir du voyage. Le paysage qui défile  m’emplit de joie, d’autant plus à l’idée que maPassager-pas-comme-les-autres-7.JPG persévérance à été positive.

    Le bus arrive à l’arrêt où je dois descendre. Le chauffeur commence les manœuvres de débarquement. Le jeu recommence ! La porte délicate à ouvrir, la télécommande (on ne sait toujours pas sur quel bouton appuyer pour faire descendre la plateforme), le  plan incliné à déployer. Heureusement, un voyageur serviable, ingénieux et plutôt costaud, vient en aide au chauffeur, pour ces difficiles manipulations.

    Fin août, je devrai prendre cette ligne en sens inverse pour ramener mon fauteuil à son home d’origine.  Je sais qu’une nouvelle aventure commencera peut-être…

    François B.