Scolarité de Juliette préservée à l'issue d'une folle journée...

Quelle journée incroyable hier pour faire respecter les droits et les intérêts de la petite Juliette, 5 ans, menacée de déscolarisation ! La Direction Académique de Vendée (DASEN) refuse de reconduire le contrat de l'actuelle AVS (alors que ça fonctionne admirablement) et n'autorise un accompagnement que de 20 h hebdomadaires alors que la MDPH a notifié un droit à 24 h semaine...

10h45 : un rendez-vous est accordé au papa de Juliette qui demande à la Directrice de l'APF de l'accompagner. L'Inspecteur de l’Éducation Nationale en charge de la scolarisation des élèves handicapés (IEN ASH) informe qu'une seconde AVS sera présente pour les 4 heures manquantes. On avance : on a enfin un accompagnement de 20+4 =24h... Mais cette proposition de morceler l'accompagnement de Juliette avec 2 nouvelles intervenantes n'est pas dans l'intérêt de Juliette et ne satisfait pas le papa qui explique les répercutions que ça aura sur son enfant. Mais rien à faire, la décision est prise, ça se passera comme ça un point c'est tout. L'IEN ASH tente même d'expliquer que cette décision de faire intervenir 2 nouvelles personnes est prise dans l'intérêt de Juliette, mais il ne convainc personne...

Puis nous comprenons que cette intervention de 4h sera réalisée par une AVS déjà en poste auprès d'autres enfants : il s'agit de retirer 4 heures à 1 ou 2 enfants pour les accorder à Juliette ! Inacceptable pour le papa et l'APF qui refusent catégoriquement de cautionner une telle pratique. Les parents exigent que Juliette soit accompagnée 24h par semaine par une seule et même personne. Comme seule la Directrice Académique peut prendre la décision, nous demandons à la rencontrer à 14h, et quittons les lieux. Il est alors 13h... (oui, tenter vainement de faire valoir les besoins et intérêts d'une enfant, ça prend un peu de temps en Vendée, et un peu d'énergie aussi...)

Nous en profitons pour prévenir le Ministère de l’Éducation Nationale et le Ministère de Marie-Arlette Carlotti de se qui se trame en Vendée.

14h : Thierry Craipeau, Représentant Départemental de Vendée qui suit de près l'évolution de la situation, nous rejoint, après avoir alerté la Députée Sylviane Bulteau.

La Directrice Académique, présente dans les locaux, ne peut nous recevoir au motif que nous n'avons pas demandé d'audience. Nous sollicitons donc une audience en urgence. Mince : son agenda ne lui permet pas de nous recevoir !

14h30 : L'IEN ASH nous reçoit à nouveau. Il confirme le maintien de la décision qui ne changera pas. Thierry Craipeau s'indigne qu'en plein milieu d'année la DASEN puisse ainsi remettre en cause un dispositif qui fonctionne bien. Nous indiquons que nous ne quitterons pas les lieux tant qu'une solution satisfaisante ne sera pas proposée par la DASEN.

15h15 : Nous adressons un communiqué de presse aux médias locaux pour dénoncer ce qui se passe et faire part de notre indignation. Nous organisons une conférence de presse pour 16h.

15h53 : Le Ministère de l’Éducation Nationale nous demande de repousser notre conférence de presse. Nous acceptons de patienter 20 minutes. Les médias se sont mobilisés en masse, sur place ou par téléphone : France 3, TV Vendée, Ouest France, Pays Yonnais, Faire Face, France Bleue, Hit West, Ma Ville Solidaire.

16h10 : Le Ministère de l'Education Nationale informe le papa que la situation devrait se débloquer très rapidement...

16h50 : Pour la troisième fois de la journée, l'IEN ASH nous reçoit. Il nous annonce la nouvelle décision de la Directrice Académique : elle autorise le recrutement d'une seule et même AVS qui interviendra 24 h par semaine auprès de Juliette (un recrutement de 20h hebdomadaires sur un an permettant une annualisation du temps de travail, et donc une présence de 24h par semaine)

Soulagés, mais pas satisfaits

Le papa de Juliette a fait part de son soulagement au représentant de l’Éducation Nationale. Il a regretté avoir du réaliser toutes ces démarches.

Thierry Craipeau, soulagé lui aussi de l'issue de la situation, a déploré que la famille ait du se battre ainsi pour faire valoir les droits et les intérêts de sa petite fille.

Stéphanie Ottou a souligné qu'une réponse satisfaisante est toujours possible : ce n'est qu'une question de volonté.

Des élus concernés :

Anne-Valin.jpgAnne Valin, Adjointe au Maire de La Roche sur Yon, en charge du handicap : message posté sur ce blog : "Encore un petit effort, chère administration et prolongez l'embauche de cette AVSI que Juliette connait bien et qui répond aux besoins. Par la même occasion, vous maintiendrez un emploi. Par ces temps qui courent, ce ne serait pas mal."

sylviane bulteau facebook.jpgSylviane Bulteau, Députée de Vendée : twit adressé à Thierry Craipeau : "Bravo pour votre mobilisation !"

 

Commentaires

  • Je me demande ce qu'a fichu la Direction de l'Enseignement Catholique pour défendre Juliette... Il y a un truc qui m'échappe. L'école St André s'est battue : et la direction de l'enseignement catholique ? En plus, si on regarde ce qui s'est passé avec Erwan et Léa sur ce blog, on parle d'enfants scolarisés dans des établissements privés. Franchement, c'est pas normal ! Je suis de tout coeur avec les familles mais je ne comprends pas l'inertie de cette institution

  • bravo l'APF (Stéphanie et Thierry) ! vous êtes des "pittbull" comme disent certains.... dans le sens le plus noble possible au service des adhérents de l'APF...
    pourquoi faut-il se battre à ce point contre ces décisionnaires qui ne comprennent rien au handicap !
    pourquoi faut-il dépenser autant d'énergie pour faire valoir les droits de nos enfants .
    pourquoi des solutions sont trouvées en fin de compte lorsque la presse intervient ou est prête à intervenir !
    POURQUOI ? POURQUOI ? POURQUOI ?
    pourquoi nous avons du dépenser tant d'énergies pour défendre les droits de Notre Jean Marc trop tôt disparu ? Eh oui je suis très triste mais aussi très en 'COLÈRE car les jours, les mois et les années se suivent et nous sommes toujours gérés pas des personnes n'ont pas encore compris et qui ne comprendront jamais je crois.
    Pourquoi sont-ils aussi NULS ?

  • pourquoi, pourquoi ? écris-tu Grémamie. La réponse ils sont nuls n'est pas satisfaisante et peut-être même injuste, tout le monde (à part quelques aigris) devrait chercher à faire de son mieux où il est. Alors pourquoi tant d'écarts, de décisions contestables. Pourquoi tant de gains de l'association en TCI ? Y a t-il seulement une absence de moyens (donnez le moins possible) ? N'y a t'il pas aussi de mauvaises habitudes prises, une façon "spéciale" de voir les droits ad minima, une absence de volonté politique clairement affichée de satisfaction non des équipes mais de la population concernée ? Le dialogue de sourds n'est pas fini et la machine à incompréhension réciproque non plus. Regardez tout ce qu'on fait ! Regardez tout ce qui manque ! Est-ce du mauvais esprit que de défendre les personnes ? N'est-ce pas la gloire des associations ?

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