Portrait bénévole : François BERGNIARD

2014-03_françois_bergniard.JPGComment êtes-vous venu à l’APF ?

Je venais d’entamer mon dernier mois comme étudiant, dans une école spécialisée. Un copain m’a demandé ce que je faisais  le week-end prochain ; il m’a proposé de participer à une sortie en car. Pas de problème, on viendra te chercher à domicile m’a-t-il dit pour finir de me convaincre.

Je n’avais jamais quitté mes parents ; malgré ma grande timidité, je n’ai pas su refuser. J’ai trouvé un groupe sur le trottoir qui attendait. Le car est arrivé et nous sommes partis toute la journée. J’avais fait la connaissance d’une joyeuse bande d’amis ; certains avaient un handicap, souvent plus sévère que le mien, d’autres non. Peu importe, dans les têtes il n’y avait pas de différence. Le soir, je n’avais qu’une envie : retrouver au plus vite le groupe de jeunes APF de Clamart !

Trois mois après, on me confia la gestion de la trésorerie du groupe. Très disponible car ne travaillant pas encore, on m’envoya représenter le groupe de jeunes à une réunion de la délégation des Hauts-de-Seine. Je découvrais les rouages de l’APF, rompait une fois de plus ma timidité en dialoguant avec le délégué départemental et les correspondants, tous bien plus âgés que moi.

Un an après, cela devait devenir plus sérieux ! Le responsable du groupe de jeunes annonça sa démission. Les regards se tournèrent vers moi ! L’aventure ne faisait que commencer…

Qu’est-ce que vous y faites ?

A mon arrivée aux Sables d’Olonne, enfin dégagé du contexte professionnel, je m’étais promis l’arrêt de toute activité liée au handicap. Je voulais me consacrer uniquement à mes hobbys, et profiter des activités de bord de mer.

Je venais de quitter à regret une mission dans la commune où j’habitais dans l’Essonne. Je participais à une commission communale chargée de faire des propositions pour l’amélioration des conditions de vie des personnes handicapées. Pour ma part, je sillonnais les rues de la ville avec mon fauteuil roulant électrique, notais les points non accessibles ou améliorables, et j’en faisais part au cours des réunions de la commission.

Et puis, j’ai lu dans le Journal des Sables une petite annonce. La municipalité faisait appel à des personnes concernées par le handicap pour donner leur avis au cours d’une commission intercommunale. Instinctivement, j’ai répondu ! Dès les premières réunions, j’ai fait la connaissance de Paulette, Catherine et Yves, de l’APF. Un nouveau groupe vient de se former m’a lancé Yves. Quelques jours plus tard,  je recevais une invitation, et me rendais à l’une des premières réunions du groupe relais Littoral. J’avais retrouvé, sous des formes un peu différentes, de quoi accomplir la même mission que j’avais en Essonne.

Je me suis attaché au groupe Littoral et à mes nouveaux amis. Ensemble, nous avons mis en commun nos forces, notre énergie et notre désir de voir se transformer le paysage et les infrastructures, pour les rendre accessibles à tous. Dans la continuité de ce qui avait été engagé, j’ai pris le relais comme référent du groupe, simplement pour que tous ceux qui constituent notre équipe, continuent à avoir la parole.

Qu’en retirez-vous ?

Comme vous l’avez compris, mes premières missions APF m’ont permis de vaincre ma timidité. Mais pas seulement. Parachuté responsable de groupe de jeunes, j’ai appris à animer des réunions, organiser des sorties, rédiger des courriers administratifs et amicaux, déléguer certaines missions à d’autres, notamment aux plus fragiles.

Dans toutes les missions handicap que j’ai eu, j’ai appris à aller au devant des autres, et à communiquer avec des responsables locaux et politiques. Quelle « école » !

En débarquant aux Sables d’Olonne, mes contacts associatifs et culturels avaient fondus. Très vite, au contact de nouveaux amis à l’APF, j’ai retrouvé une « famille » qui a facilité mon intégration dans la vie sociale de ma commune.

Surtout, la vie au contact des adhérents de l’APF permet de rester humble ! On trouve toujours plus fragile que soit, plus lourdement handicapé, avec plus de souffrances que celles que l’on peut soi-même éprouver. A l’APF, j’ai relativisé mon handicap, compris que ma malchance était quelque part, une chance ! C’est peut-être le plus important.

 

 

 

Les commentaires sont fermés.