L'handicyclette est née aux Sables d'Olonne, et elle ne passe pas inaperçue

handicyclette.JPGA 81 ans, Joseph Praud est un monsieur très actif, un esprit curieux et inventif avec des capacités avérées pour le bricolage : « C’est notre Mac Gyver » comme se plaît à dire sa fille Rose.

Inlassable pêcheur, chasseur et voyageur, il a dû progressivement réorganiser sa vie pour accompagner son épouse Marie-Paule dans l’évolution d’une maladie génétique qui l’a finalement condamnée au fauteuil roulant voici plus de 2 ans. Pas question de se confiner au domicile il fallait se donner les moyens de continuer à vivre le plus normalement possible : « Après 22 ans de voyages avec notre camping-car, pas question d’abandonner les sorties. Il a fallu s’adapter au handicap ». C’est là que le génie inventif de Joseph intervient.

« Les solutions sont très simples » dit-il, il fallait quand même y penser. Joseph fabrique des platines permettant d’adapter des petites roues sous le fauteuil afin de pouvoir occasionnellement enlever les grandes : « On gagne les centimètres nécessaires pour passer les portes standard à la maison et surtout pouvoir rentrer dans le camping-car ».En un geste les grandes roues sont repositionnées pour les balades à l’extérieur…en vélo ! Un jeu d’enfant : Joseph a modifié sa bicyclette en enlevant la fourche et la roue avant, « une barre fixée au guidon vient s’arrimer aux poignées du fauteuil, ça prend 1 mn sans aucun outil ». Et voilà l’ensemble transformé en tricycle, un peu à l’image du pousse-pousse chinois. Marie-Paule assise devant et Joseph aux pédales ne passent pas inaperçus, « même les gendarmes sont surpris » ajoute-t-il malicieusement.

Et ce n’est pas tout ! Un moteur électrique vient s’adapter sous le fauteuil pour faciliter l’attaque des montées et une remorque peut compléter l’ensemble pour embarquer provisions et matériel pour « aller pêcher la palourde ». Joseph a même résolu le problème de la montée du fauteuil dans le camping-car : une rampe d’accès amovible et un treuil alimenté par la batterie permettent un franchissement sans effort du fauteuil lesté de ses grandes roues et avec sa passagère… c’est parti pour découvrir nos paysages vendéens, surtout la côte que Marie-Paule et Joseph affectionnent particulièrement. C’est aussi une belle leçon d’amour.

source : le journal des Sables

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